Bonne année 2012

Nous voici en 2012 et le « progrès » va nous apporter, comme chaque année, son lot de nouveautés et de gadgets dans tous les domaines. Au risque de paraître un peu rétrograde, je me demande parfois si toute nouvelle technologie est synonyme d'un mieux-vivre. Nous sommes tombés dans la béatitude où il suffit qu'un nouveau gadget face son apparition pour que nous sautions dessus comme les abeilles sur le miel. Nous sommes tellement sollicités de toute part qu'il est facile aujourd'hui de tomber dans cette paresse imbécile du raisonnement « C'est nouveau donc... c'est beau ! », le mouvement pour le mouvement.

La nouveauté n'est pas nécessairement le progrès et pour rire un peu de ce progressisme imposé par les publicitaires, je vous propose de visionner, en plein écran pour bien lire les sous-titres, la vidéo ci-dessous, qui démontre avec humour qu'un simple livre pourrait être vu comme la nouvelle révolution bio-optique de stockage des connaissances.

Le plus drôle est que nous pourrions imaginer une vidéo du même genre avec le stylo, la bicyclette ou... le train à vapeur. Pourquoi non ? il suffit de mettre en avant les avantages perdus par l'adoption du nouvel outil. Aussi, s'il est évident que chaque nouvelle technologie apporte des avantages nouveaux par rapport à l'ancienne manière de procéder, nous ne pouvons faire abstraction des nouvelles contraintes. Elles sont parfois indirectes, lointaines ou imprévisibles : la pollution des automobiles de plus en plus immobiles, l'aspect chronophage d'Internet, l'addiction au téléphone portable et aux jeux vidéos... ou plus évidentes comme le besoin d'une batterie dans une liseuse, contrairement à un simple livre.

Bien sûr, nous ne pouvons avoir peur de tout et renoncer aux avantages du développement pour la seule raison que toute innovation peut engendrer des dommages collatéraux ! Cependant, chacun de nous doit rester vigilant pour ne pas confondre la course en avant absurde aux nouveaux gadgets avec la participation à une vraie découverte qui engendre un épanouissement de nos vies. En effet, les publicitaires nous font souvent passer des gadgets inutiles pour des découvertes scientifiques essentielles. L'objectif commercial est de nous transformer en geek assoiffé de nouveautés superflues pour calmer nos angoisses. De nos jours, je pense qu'il est plus que jamais urgent de développer notre pensée critique pour être moins prompt à obéir, à suivre les modes et à croire tout ce qu'on lit sur Internet.

Sans tomber dans ce conditionnement technologique des temps modernes, retrouvons l'enchantement pour les grandes avancées technologiques qui changent nos vies pour toujours. Nos envies, nos besoins, nos façons de travailler, de nous instruire, de nous former, d'acheter, de communiquer, de rêver. Nos téléphones portables, ordinateurs, voitures, TGV ne sont pas des gadgets mais des agrandissements de nous-mêmes. Ces outils merveilleux nous affranchissent du temps et de l'espace, nous permettent d'agir, de parler, de communiquer à des milliers de kilomètres, mettent à notre portée des capacités jadis attribuées aux seuls mages et divins : l'ubiquité, la téléportation, le multitâche.

Le passage en 2012 me rend nostalgique. Voilà 20 ans maintenant que l'entreprise LOGADAP existe et, en remontant encore plus loin dans le temps, autant dire au Moyen-Âge, à l'aune du temps Internet, je me souviens de mes premiers pas dans le monde merveilleux de la micro-informatique. Il y a 30 ans, une éternité, nous étions les pionniers de ce nouveau paradigme. J'avais entrepris des études d'informatique en m'orientant dès mes 16 ans dans la section qui aboutissait au bac H (informatique). J'étais fier d'avoir été sélectionné dans cette filière rare (seuls quelques lycées étaient équipés d'ordinateurs) où les professeurs déambulaient dans des pièces climatisées et avaient toujours l'air de réfléchir à des problèmes mystérieux de programmation. Quelle émotion d'envoyer mes premières commandes (que j'avais tapées au préalable sur des cartes perforées) à un ordinateur distant qui me renvoyait le résultat sur un grand listing. Passionné par la programmation, je créais mes premiers logiciels en langage Microsoft Basic. C'était l'époque où la série télévisée de science-fiction Star Trek faisait rêver les adolescents et où l'année 2000 était encore lointaine mais assez proche pour nous persuader qu'un autre univers passionnant allait émerger.

ibmpc

Pour me faire un peu d'argent durant mes études, je concevais mon premier logiciel adapté à la gestion commerciale d'une petite entreprise. Sur mes conseils, l'entreprise investissait 20 000 francs (3000 €) dans Le premier micro-ordinateur : l'IBM PC. Il ressemblait plus à une grosse télévision qu'à un iPad. J'étais enthousiaste et fier de créer des logiciels qui allaient supprimer les tâches répétitives. La question du bienfait apporté par les micro-ordinateurs ne se posait même pas. Les utilisateurs de nos logiciels allaient enfin pouvoir se pencher sur des tâches plus nobles.

Finies les heures passées devant des machines à écrire pour faire et refaire à la main des courriers, factures et devis. Une fois notre travail de programmation terminé, l'utilisateur n'avait qu'à appuyer sur un bouton pour que, comme par magie, l'ordinateur imprime tous les documents de gestion adéquates. Durant mes études supérieures, je me passionnais également pour la robotique. Jeune et naïf, je croyais que notre travail d'informaticien allait ouvrir un nouvel âge d'or.

La leçon principale que l'on peut tirer de tout cela est que les progrès techniques peuvent tout aussi bien déboucher sur des catastrophes que sur des améliorations fantastiques de la condition humaine, que tout sera affaire de volonté politique commune de l'humanité qui, pour le moment, semble avancer moins vite que la technologie. En effet, j'étais loin d'imaginer il y a 30 ans, que la transformation du monde débouche également sur un fossé grandissant entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas. Monde étrange où la science évolue sans l'Homme. Je suis persuadé que le rétablissement d'une égalité relative des positions sociales est un bien en soi. Arriver à mettre en place une politique de redistribution des immenses profits engendrés par la science reste l'enjeu politique majeur de notre époque. Un vrai changement de logiciel !

Restons optimiste et pour ceux qui, comme moi, n'ont pas fait l'acquisition de la dernière console de jeux vidéo, je vous propose de prendre un coup de jeune grâce à mes liens sur les jeux des années 80. A vous de jouer gratuitement avec les versions originales des incontournables Pacman, Tetris, Simon et casses-briques. Toute une époque épatante !

Allez, je choisis cette citation pour commencer l'année 2012 :

« Si vous voulez que la vie vous sourie, apportez-lui d'abord votre bonne humeur » Baruch Spinoza

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.