La fable du rameur

Deux entreprises, dont une de notre pays, décident de faire une course d'aviron dans le but de montrer leur savoir-faire dans le domaine de la galvanisation des troupes.  Le doyen de l'université française, décide d'appliquer aux sportifs de son équipe les techniques managériales modernes qui font par ailleurs le succès de son établissement. Il débloque un budget considérable pour ce projet et fait appel au cabinet Delsen fondé par d'anciens élèves. Les deux équipes s'entraînent dur mais l'équipe française bénéficie donc d'une réorganisation mettant en oeuvre une nouvelle méthode.

AVIRONLors de la première épreuve, les étrangers gagnent avec plus d'un kilomètre d'avance. Les nôtres sont très affectés. Le management se réunit pour chercher la cause de l'échec. Une equipe d'audit constituée de seniors managers est désignée.

Apres enquête, elle constate que notre équipe, qui est constituée de dix personnes n'a qu'un rameur alors que l'équipe étrangère comporte un barreur et neuf rameurs. La direction décide de faire appel au service de consultants internes.

Leur avis, entouré de précautions oratoires, semble préconiser l'augmentation du nombre de rameurs. Apres réflexion, la direction décide de procéder à une réorganisation. Il est décidé de mettre en place un manuel qualité, des procédures d'application, des documents de suivis... Une nouvelle stratégie est mise en place, fondée sur une forte synergie. Elle doit améliorer le rendement et la productivité grâce à ces modifications structurelles. On parle même de zéro défaut.

La nouvelle équipe supervisée par Delsen comprend désormais :

  • 1 directeur général d'aviron
  • 1 directeur adjoint d'aviron
  • 1 manager d'aviron
  • 1 superviseur d'aviron
  • 1 consultant qualité
  • 1 contrôleur de gestion
  • 1 chargé de communication interne
  • 1 coordinateur d'aviron
  • 1 barreur
  • 1 rameur

La course a lieu et notre équipe a 3 kilomètres de retard. Humiliée, la direction prend des décisions rapides et courageuses : elle licencie le rameur n'ayant pas atteint ses objectifs, vend le bateau et annule tout investissement. Avec l'argent économisé, elle récompense les managers et superviseurs en leur donnant une prime, augmente le salaire des directeurs et s'octroie une indemnité exceptionnelle de fin de mission.

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